Mon processus créatif


Illustration avec l’une de mes dernières toiles

Tout va commencer par une idée, un mot, une envie, quelque chose que je dois réaliser sans trop savoir pourquoi.

En 2018 , j’ai réalisé une formation céramique et pour réaliser la décoration des pièces céramiques, il y avait des pinceaux spécifiques pour l’application des oxydes de couleurs.

Je pense à ce pinceau en forme d’éventail, C’est celui cela dont j’ai besoin, mais où est-il ? J’ai une idée. Je cherche, je le cherche, il faut que je le trouve à tout prix.
Je remue ciel et terre et enfin , j’ arrive à remettre la main dessus.

Ca y est le processus créatif peut démarrer.

Ensuite, j’ai une belle toile avec un châssis en lin de 130X81 , elle sera parfaite pour ce tableau d’envergure. Maintenant je jette un coup d’œil à mon stock de peinture, que me reste-t-il à l’endroit où je me trouve confinée ?
Heureusement je n’avais pas tout laissé à l’atelier d’Ithaque, je regarde devant moi des teintes jamais utilisées jusqu’à lors et certaines m’inspirent particulièrement.

Le fond sera jaune, chaud et lumineux comme un rayon de soleil qui caractérise cette période.

Comment vais – je l’appeler ? Un mot résonne dans ma tête : Graminée, mais pourquoi Graminée ? J’en sais rien mais son nom sera bien celui-là.

Dans le démarrage de ce processus, il y a l’idée, le mot, une obsession non maitrisée pour un objet ou une matière et qui sera le fil conducteur qui va alimenter cette création jusqu’à son aboutissement.

Mon réflexe N° 1 est donc de poser la couleur dominante tout en jouant avec les effets matière de la peinture.

Il y a toujours cette base autour du mouvement et la matière, les tiges des graminées qui s’imposent et se délient par leurs orientations et leurs reliefs. Elles vont au gré du vent. Je reviens à mon obsession de peintre : le travail de la matière, où il faut associer patience et dextérité.

Puis ce fameux pinceau va jouer son rôle dans le démarrage de la forme de la fleur en étant trempé dans le pot de peinture et me permettant de faire des aplats de différentes tailles et de différentes couleurs.

Vous l’aurez compris, il m’aura fallu un nombre incalculable d’heures de travail et d’itérations pour arriver à l’aboutissement que vous êtes en train d’observer.

Je n’en reste pas là, lors d’un après-midi, je cherche des feuilles d’arbre, j’ai envie de faire des aplats avec les éléments que la nature nous laissent, en jouant avec la couleur et le relief.

Mais tout ça est-il compatible ? C’est ce que nous allons voir.
Et me voilà lancée dans les aplats de feuille d’arbre.

La toile commence doucement à s’habiller.

Mes aplats de couleur sont timorés, un autre pinceau, long et fin m’appelle pour apposer ma main et donner de l’envergure au geste. Il est temps de donner de l’ampleur et du mouvement à la prénommée Graminée.

Le geste se met en ordre de marche, les fleurs se positionnent de façon significative sur la toile, elles s’imposent et prennent du relief, de la lumière et de la brillance.

Je continue, heure par heure, à les travailler…

Les couleurs changent et s’harmonisent pour chacune d’entre elles, elles sont observées et retouchées jusqu’à qu’elles m’apportent satisfaction.

La touche finale voudra la recherche de l’aérien qui symbolisera le titre de cette toile. Son nom est une évidence autour de la légèreté, mais dans un printemps, date de sa création, qui aura été pour nous tous très particulier.